• June 22, 2026

Depuis plus d’une décennie, les communautés de l’Extrême-Nord du Cameroun vivent sous le poids des conflits armés et de l’extrémisme violent. Les cicatrices sont profondes : déplacements massifs, perte des moyens de subsistance, méfiance entre voisins, stigmatisation des anciens associés aux groupes armés. Pourtant, au cœur de ces communautés, une force résiste : la volonté de vivre ensemble, de se retrouver, de reconstruire.

C’est cette force que Local Youth Corner Cameroon (LOYOC) a choisi de célébrer et d’amplifier à travers le Festival Culturel, Ludique et Sportif pour la Paix et la Réconciliation, prévu du 24 au 27 juin 2026 dans trois localités de l’Extrême-Nord : Meri, Mokolo et Fotokol.

Un festival ancré dans une démarche de réconciliation

Ce festival ne naît pas de nulle part. Il s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à la Réintégration et à la Cohésion Sociale par les Médias et la sensibilisation communautaire », mis en œuvre par LOYOC dans les départements du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari, avec l’appui technique de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et du Comité National pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration (CNDDR).

Au fil des séances de dialogue communautaire organisées dans ces localités, les participants ont eux-mêmes identifié les difficultés de cohésion sociale, du vivre-ensemble et de la réconciliation comme des priorités urgentes. Le festival est la réponse directe à ces préoccupations : un espace inclusif, festif et sécurisé, où la culture, le jeu et le sport deviennent des outils de rapprochement.

Nos cultures, nos jeux, notre sport, notre paix, notre avenir

Le slogan du festival dit tout. La paix ne se décrète pas depuis un bureau. Elle se construit dans les espaces où les gens se rencontrent, rient ensemble, transpirent ensemble, et partagent un repas. C’est exactement ce que ce festival propose.

Chaque édition locale comprendra des activités culturelles avec des chants et danses traditionnelles sur les thèmes de la paix, de la tolérance et du pardon. Des troupes de jeunes présenteront des sketches et du théâtre forum autour de la réintégration des ex-associés et de la lutte contre la stigmatisation. Les jeux traditionnels, course en sac, tir à la corde, lutte traditionnelle, seront ouverts à toutes les générations. Un match de football pour la paix réunira dans les mêmes équipes des ex-associés, des membres des communautés hôtes et des personnes déplacées. Et pour clôturer chaque journée, un repas communautaire partagé, autour des mets locaux, pour sceller la convivialité et marquer symboliquement la réconciliation.

Des voix qui témoignent, des communautés qui guérissent

L’un des moments les plus forts du festival sera la place donnée aux témoignages de réconciliation. Des ex-combattants ayant réussi leur réinsertion, des victimes ayant choisi le pardon, des femmes et des jeunes porteurs de messages d’espoir prendront la parole devant leurs communautés. Ces témoignages ne sont pas de simples discours. Ils sont des actes de courage, des passerelles entre des personnes que la guerre a séparées.

Trois localités, une même vision

Le festival se déroulera en trois étapes. Le 24 juin 2026 à Meri, puis le 27 juin 2026 simultanément à Mokolo et à Fotokol. Chaque édition sera organisée en lien étroit avec les comités de paix locaux, les autorités traditionnelles et religieuses, les radios communautaires partenaires dont Radio Mokolo, Radio Tokombere et Radio Makari, ainsi que les associations de femmes et de jeunes. L’objectif est d’atteindre au moins 300 participants directs par site, et de toucher indirectement environ 15 000 personnes à travers la couverture médiatique et les échanges de proximité.

LOYOC : bâtir la paix depuis l’intérieur des communautés

Ce festival reflète une conviction profonde qui guide le travail de LOYOC depuis sa création : la paix durable ne peut être imposée de l’extérieur. Elle doit émerger de l’intérieur des communautés elles-mêmes, à travers leurs propres ressources culturelles, leurs propres leaders et leurs propres dynamiques de solidarité.

En offrant un cadre où victimes, ex-associés, jeunes, femmes et autorités locales peuvent se retrouver sur un terrain de football ou autour d’une danse traditionnelle, LOYOC ne fait pas que organiser un événement. Elle contribue à réécrire le récit de ces communautés, un geste de réconciliation à la fois.

Rejoignez-nous à Meri, Mokolo et Fotokol. Parce que la paix, ça se fête aussi.

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